Lors d’une émission de « Un peu plus haut que le bord » en soutien au bar Ô Boheme, et de manière général contre la politique culturel de la municipalité de Toulouse et d’ailleurs, j’ai pondu ça.

Merci à TvBruits qui est venu filmer.

Emission spéciale “Soutien Ô’Bohem” 2/3. Chronique du Pote à Gaby from Tv Bruits on Vimeo.

Chut
On mate tout azimut
On mute les squats, tout les minables de cinq heures du mat’
Comprenez, faudrait pas déranger l’audimat

Chut
C’est l’président qui cause à la télé
Qui cause dans le poste de la riposte approprié
à la dégénérescence programmé d’une jeunesse qu’a du mal à rester silencieuse
même pas anxieuse, juste bêtement heureuse
C’est bien la preuve mesdames et messieurs que ces gens-là sont dangereux

Alors citoyenne, citoyen,
En ma qualité de président
De grand garant de la constitution
Et de la tranquillité de mes concitoyens
Je vais m’évertuer à fermer tout les débits de boissons, où fleurissent les débats plein de passion, et en dépit des esprits chagrins, de leurs discussions qui tournent en rond,
Je déclare la guerre aux terroristes du transistor, aux agités gênants et geignards qui refusent cette réalité pourtant très simplement exposée :

La nuit, c’est fait pour se reposer

Je créerais le délit d’entrave à la productivité pour tous ces noctambules qui, sans préambule, funambulent entre le grand soir et le petit matin, sans se soucier, les salauds, du confort de leurs voisins.
Non aux couche-tards, vive les lève-tôts,
voilà notre nouveau credo
Ces crados n’ont aucun crédit
Pas de quartier dans les quartiers
Raffle sur les ronfleurs
La nuit, plus le moindre bruit
C’est décidé, c’est dit,
En un mot comme en cent, citoyenne, citoyen

Chut

On ne chahute plus dans la cahute, le chat, la chouette et la huppe ont bien fermé leurs gueules depuis longtemps
Alors pourquoi pas nous, se disent les citoyens, tout seul et tout bas, en refermant leurs portes à clé pour empêcher le moindre son de s’échapper. En refermant la porte de leurs armoires, de leurs tiroirs, de leurs miroirs. Tout est cadenassé, à triple tour. Le cœur aussi, ce palpitant qui bien souvent n’en fait guère qu’à sa tête.
Le cœur a ses raisons que la raison ignore, alors on le gardera en garde à vue. S’agit de le tenir à l’œil pour ne pas qui trouble la tranquillité enfin retrouvé.

Le silence règne sur la ville, pas le moindre petit murmure, plus la moindre rumeur qui coure le long des murs
Chut
La ville a été bien nettoyé, astiqué, vitrifié, ou comme on dit gentrifié. Gentrifié : ce mot qui sonne un peu comme un parquet ciré.
Celui de la maison de nos grand parents, oncle ou tante qu’on venait visiter le dimanche en famille. Le parquet ciré sur lequel fallait marcher en patin pour surtout pas déranger, pas salir. Fallait être bien poli, bien gentil, ni potache ni bravache, et malgré le blaser, et la raie bien au milieu, on ne pouvais pas s’empêcher de se dire qu’on faisais tâche dans ce décor préhistorique.

Dans la rue, tout le monde dort en attendant l’aurore et l’heure d’aller bosser pour pouvoir payer son loyer pour pouvoir avoir un toit pour dormir, et ne pas être dehors en attendant l’aurore et l’heure d’aller bosser pour pouvoir…

Tout le monde ?

Non y a un insomniaque encore, qui traine dehors. Il n’est même pas rebelle, il est simplement mal informé. Comprenez, il n’a pas la télé. Alors l’allocution présidentielle, il ne l’a même pas écouté. Il est sortie à la nuit, comme à son habitude, complétement gris d’un petit vin de paille qu’il ramène du jura.
Et il s’étonne. Personne dans les rues ? Pas de ramdam sur le macadam, pas de vacarme, pas de charivari prêt à le faire chavirer. Rien ? Alors il se met à chanter !

Une petite chanson comme ça, pas de quoi fouetter un chat. C’est p’têt pour ça que le minable matou qui le matait du haut de son balcon s’est mit à l’accompagner. Comme quoi la nuit, tous les chats ne sont pas aigris
Le gars, amusé, chante plus fort. De plus en plus fort. Forcément ça fait un barouf de tout les diables. Rejoint dans l’écho par le chant des sirènes
des sirènes de police
Qui arrive à point nommé pour le dénouement. Un fonctionnaire de police assermenté comme il se doit et serré dans son uniforme aperçoit le bonhomme. Estime le danger, le nombre de décibel, de sous dans sa sébile, et sans prévenir part en vrille. Avec sa matraque tout ce qu’il y a de plus assermenté, il lui assène une pluie de coup avec une métrique et une rythmique propre à toutes les marches militaires, d’aujourd’hui ou de naguère.
Quand le flic a fini son office, le gars git sur le pavé, la gueule cassé, laissé sur le carreau avec son cœur dans l’caniveau.
Mais rassurez vous brave gens, ça ne fera même pas un fait divers

Comment ça j’exagère ?

Peut-être bien, peut être pas. Mais avant de passer de vie à trépas, moi j’aimerais être sur une fois encore qu’il y a bel et bien une vie avant la mort.

Alors j’ai fais cette petite fable pour soutenir la vie de bohème, celle qui rit, celle qui aime
Et je la chanterais encore longtemps, du moins tant que je pourrais. Jusqu’à mon dernier souffle
Car méfiez-vous brave gens, le bruit des bottes succèdent généralement aux silences des pantoufles

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