Six monologues pour un acteur et un musicien.

Six personnages en quête d’eux même

Durant les travaux, l’exposition continue est un spectacle multidisciplinaire à la croisée de la littérature, de la musique et du théâtre. A travers six monologues, la compagnie s’interroge sur l’émergence de langages nouveaux, entre mots et musique. Musicalité de la langue ou musique narrative ?

Où vont ces mots qui nous échappent ? Comment quelques unes de nos obsessions ou de nos névroses infiltrent chaque niveau de notre langage ? Pourquoi être volubile ? Pourquoi être taiseux ? Une vie contient-elle plus de question que de vérité ? Pourquoi certaines pensées absurdes s’infiltrent dans les pires des moments ? Quel mots pour dire l’horreur, l’angoisse, la tendresse, le soulagement, l’amitié.

Autant de questions auxquelles ce spectacle ne répondra pas. Mais il propose par goût du jeu et de l’absurde six moments de vie qui s’expriment complètement différemment.

Triste comme quelqu’un qui a oublié le nom des choses

On croisera au détour de cette galerie foutraque, un romancier en quête de précision, un fils assistant à la mort de son père, un SDF à la logorrhée insatiable, un sculpteur refusant de sortir de chez lui, un homme qui doute, un clown faisant son numéro de rue. A chacun leurs langages, leurs problèmes, leurs fureurs, leurs tendresses. Chacun des textes a été écrit suite à des contraintes tel que l’argot inventé, un texte uniquement en phrases interrogatives ou encore la description jusqu’à l’absurde. Et chacun d’eux explore à sa façon la difficulté à trouver le mot juste.

La tête à l’envers et le monde en vrac

Pour accompagner ses errances syntaxiques, la musique se devait d’être aussi erratique. A base d’instrument classiques (basse/guitare/trompette) et de moins classiques (sable/papier/bonbonne de gaz/bille) voir inventés, la musique reflète les errements et les obsessions de ces monologues. Elle est le septième personnage de la pièce, celui qui souligne, exprime et accompagne ces délires. Celui qui donne le souffle nécessaire à ces hommes pour s’exprimer. Parfois furieuse, parfois apaisée, et explorant tous les chemins de traverse qui mènent d’un état à l’autre, elle explore et questionne elle aussi les limites de son langage.

Quand – assis à mon bureau- je lève les yeux, je vois le monde.

Puisque ce spectacle tourne autour du thème du langage, il semblait évident d’en faire également un livre/cd. C’est en partenariat avec les éditions du samedi et alambic record que ce projet s’est construit. Il ne s’agit pas tout à fait d’une lecture musicalisée, ni d’une pièce de théâtre contemporain, ni d’un concert poétique mais un peu des trois à la fois. C’est le mélange des genres et des formes qui fait de ce spectacle atypique un objet pas encore bien identifié. Mais nul doute qu’il finira par dire son nom au gré des différentes représentations.

L’équipe

Benoit Hau : Comédien, chanteur, conteur, musicien et auteur, Benoit Hau multiplie depuis dix ans les projets qui lui permettent d’explorer de nouvelle formes d’écriture. Publié dans des magazines (Short édition #6 et#8 , Le buisson, Le Mammouth Éclairé…), il a aussi beaucoup écrit pour le théâtre et la scène (Cie Arlequin des Étoiles, Cie Orobouros, Les nouveaux troubadours, Sale Pierrot, Le petit orchestre de poche du chapelier fou). Il chronique régulièrement à la radio, écrit des goguettes tant qu’il le peut pour livrer sa vision du monde, et fait le clown quand l’occasion se présente.

Thomas Testaud : Né à Carcassonne en 1996, il rencontre un cor d’harmonie à 7 ans avec qui il apprendra la musique pendant quelques années. Puis un jour vient la guitare, l’harmonica, le piano, la trompette… et tous les objets susceptibles de faire du bruit, d’enregistrer, de moduler. Ce qui l’intéresse, c’est le grand bricolage plus ou moins bancal qui permet de transformer un pièce et tous ses objets en un seul instrument capable d’autant de mélodies que de beau chaos.

Les éditions du samedi : Jeune maison d’édition touloso-parisienne, les éditions du samedi sont une maison d’édition associative à compte d’éditeur qui part du principe que  » la littérature est faite avant tout pour être partagée. C’est-à-dire que nous refusons de considérer le livre uniquement comme un objet de consommation ; nous refusons aussi qu’il soit seulement associé à une élite intellectuelle : ce que nous voulons, c’est le penser comme un vecteur d’échange. »